Faut-il supprimer toutes les matières grasses pour maigrir ?
Le corps a besoin de graisses pour fonctionner. Réduire les excès, comme les fritures répétées ou l'huile versée en grande quantité, a plus de sens qu'une suppression totale, difficile à tenir et peu utile pour la santé.
En bref
Supprimer toute matière grasse n'est ni nécessaire ni toujours favorable pour la santé.
Un repas trop pauvre en graisse rassasie souvent moins longtemps et peut pousser vers le sucre.
Réduire les excès, plutôt que tout supprimer, est une piste plus simple à tenir dans la durée.
Beaucoup de personnes pensent qu'on doit bannir toute matière grasse dès qu'on s'intéresse à son poids. Le sujet mérite d'être nuancé. Le corps a besoin de graisses pour fonctionner au quotidien, et les supprimer complètement peut rendre les repas moins satisfaisants, ce qui pousse parfois vers d'autres aliments, notamment très sucrés, sans que cela aide réellement. Cette idée reçue circule beaucoup, parfois relayée par des conseils trouvés en ligne ou entendus autour de soi, mais elle mérite d'être reprise avec ce que l'on sait aujourd'hui sur l'alimentation.
Pourquoi le corps a besoin de graisses
Les graisses participent à de nombreuses fonctions de l'organisme : elles apportent de l'énergie, aident à absorber certaines vitamines et entrent dans la composition des cellules. On les retrouve dans le poisson, l'arachide, les huiles végétales ou encore l'avocat. Les écarter totalement de l'alimentation n'est ni nécessaire, ni toujours bénéfique pour la santé, même lorsqu'on souhaite faire évoluer son poids avec l'aide d'un professionnel.
Ce que l'idée reçue laisse de côté
Un repas sans aucune matière grasse rassasie en général moins longtemps. La faim revient plus vite, ce qui peut pousser à grignoter entre les repas ou à se tourner vers des aliments très sucrés, perçus à tort comme plus légers. Réduire les excès, par exemple des fritures répétées ou de l'huile versée en abondance dans une sauce, a souvent plus de sens qu'une suppression totale, difficile à tenir dans la durée et source de frustration inutile. Viser un équilibre réaliste, que l'on peut garder dans la durée, convient mieux à la plupart des personnes qu'une règle stricte et rigide.
Quelles graisses privilégier au quotidien
- Le poisson, frais ou braisé, plusieurs fois par semaine
- L'arachide et les autres oléagineux, en petite quantité et sans excès
- Les huiles végétales utilisées avec mesure, plutôt que versées abondamment en fin de cuisson
- L'avocat, intégré simplement à un repas, en entier ou en accompagnement
- Les fritures, réservées plutôt à des occasions particulières qu'à une habitude quotidienne
Idée reçue et ce que l'on sait
| Idée reçue | Ce que l'on sait |
|---|---|
| Il faut supprimer toute matière grasse pour voir son poids évoluer | Le corps a besoin de graisses ; l'essentiel est surtout de modérer les fritures et l'huile ajoutée en grande quantité |
| Toutes les graisses se valent | Le poisson, l'arachide et les huiles végétales apportent des éléments utiles, à distinguer des fritures répétées |
| Un repas sans aucune graisse est toujours plus favorable | Un repas trop pauvre en graisse rassasie souvent moins et peut pousser vers des aliments sucrés |
| Cette question se règle seul, sans aide | La diététicienne nutritionniste peut aider à ajuster les quantités selon les habitudes de chacun |
Et dans les plats du quotidien, à Dakar
Le mafé, le thiéboudienne ou le yassa contiennent naturellement de l'huile ou de l'arachide, ce qui n'est pas un problème en soi. Ce qui peut être ajusté, lorsque cela semble utile, c'est la quantité d'huile ajoutée en cuisine ou en fin de préparation, sans changer la recette dans son ensemble ni renoncer aux plats partagés en famille lors d'un repas autour du bol. La cuisine sénégalaise n'a pas à être présentée comme un problème : elle peut, comme toute cuisine, se décliner avec un peu plus ou un peu moins de matière grasse selon les jours.
Des situations qui demandent un avis médical
Certaines personnes vivent avec une maladie associée au poids, comme un diabète ou une maladie cardiovasculaire, pour lesquelles la qualité et la quantité des graisses consommées peuvent avoir une importance particulière. Dans ces situations, mieux vaut en parler avec le médecin du centre ou la diététicienne nutritionniste plutôt que de suivre une règle générale trouvée ailleurs, car les repères peuvent varier d'une personne à l'autre selon son état de santé.
Il n'existe pas de règle unique qui convienne à tout le monde en matière de graisses alimentaires, comme le rappelle aussi l'article sur manger équilibré sans se priver. Observer ses propres habitudes, avec l'aide d'un professionnel si cela semble utile, plutôt que de suivre un régime express, permet souvent d'ajuster ce qui peut l'être sans renoncer au plaisir de manger ni à la cuisine que l'on aime partager avec ses proches. Chaque petit ajustement compte, à son propre rythme, sans pression ni jugement sur ce que l'on mange, et peut se construire pas à pas, repas après repas.
Questions fréquentes
Faut-il arrêter complètement l'huile pour voir son poids évoluer ?
Non, le corps a besoin de graisses pour fonctionner. Il est plus utile de réduire les excès, comme l'huile versée en grande quantité dans une sauce, que de la supprimer totalement, ce qui peut aussi rendre les repas moins rassasiants.
Le poisson et l'arachide font-ils grossir ?
Le poisson et l'arachide apportent des graisses utiles à l'organisme. Ce qui compte surtout, c'est la quantité et la fréquence, par exemple pour les fritures, plutôt que l'aliment lui-même pris isolément.
Pourquoi a-t-on plus faim quand on mange sans aucune graisse ?
Un repas très pauvre en graisse rassasie souvent moins longtemps, ce qui peut donner faim plus vite et pousser vers des aliments sucrés. Garder une part modérée de bonnes graisses aide à tenir entre les repas.
Qui peut aider à ajuster son alimentation sans tout supprimer ?
Une diététicienne nutritionniste peut regarder les habitudes de chacun et proposer des ajustements adaptés à sa cuisine, sans liste d'interdits ni suppression totale d'un groupe d'aliments.
Références
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical personnalisé.